Université Utopia à Sète [22au25/10]
Le thème 2026 de l’université de la société civique d’Utopia est « Construire la société du Buen Vivir avec Edgar Morin ».
Du Jeudi 22 octobre 14h au Dimanche 25 octobre 2026 14h au Lazaret 223 rue Pasteur Benoit 34200 Sète
Seront au cœur des échanges les questions du vivre ensemble, des communs, de la place du vivant, de la résistance au capitalisme générateur de catastrophes, d’alternatives en matière d’économie, de démocratie, d’énergie, d’éducation, seront au cœur de nos débats. Des personnalités, des experts, des militants associatifs, des acteurs de terrain viendront enrichir la réflexion.
En partenariat avec les membres de l’Archipel des confluences et de l’initiative Humus avec pour parrain : Bertrand Badie.
Le fil rouge de l’université présenté dans le programme :
Edgar Morin nous a quitté. Sa pensée, elle, n’a pas fini de nous accompagner.
Il nous laisse une boussole pour les temps de tempête, trois principes d’espérance : l’accueil de l’improbable, les potentialités créatrices, la métamorphose. Et une devise qui n’est pas un mot d’ordre mais une méthode : Résister, Créer, Fraterniser.
C’est cette architecture qui organise les quatre jours qui s’ouvrent, à Sète, en écho à son propre appel.
Car ce que nous appelons crise n’est peut-être, comme le pensait Morin, que le temps des chenilles : ce moment où l’animal, menacé dans son existence même par la mue qui s’annonce, sécrète des anti-corps pour combattre sa propre métamorphose, cette mort qu’est pour lui la naissance du papillon.
Le vieux monde n’en finit pas de mourir dans le fracas de ce que nous appelons le « brutalisme » qui accompagne les mutations actuelles du capitalisme, c’est-à-dire la mise en place de logiques de dominations violentes qui s’enchevêtrent et s’alimentent : destruction du vivant, violences contre les femmes et les enfants, dominations sociales et accumulation sans limite du capital, montée des fondamentalismes religieux et des volontés impérialistes, reculs démocratiques, attaques contre le multilatéralisme, etc. Ce brutalisme systémique s’exprime aussi dans la vie politique et envahit nos espaces personnels et nos psychés.
Bien sûr, le néo-capitalisme s’affirme comme la forme dominante et actuellement totalisante de ce brutalisme — celle qui aujourd’hui subsume et redéploie à son profit les autres brutalités (patriarcat, productivisme, fondamentalisme) sans en être la cause première historique. Voilà ce que nous nommons, avec la même lucidité que Morin, un capitalisme de la catastrophe.
Mais Morin le rappelait aussi : même bloquées, les cellules imaginales sont déjà là, dans le corps de la chenille, porteuses de la forme à venir. À nous de les repérer, de les relier, d’organiser leur entraide plutôt que de céder à la sidération. C’est tout l’enjeu de cette Université : faire du buen vivir, cette vie bonne dans ses dimensions individuelles, collectives et écologiques, le nom que nous donnons à ces cellules imaginales devenues visibles, devenues désirables.
Il s’agit, dès à présent, d’habiter le monde autrement, d’accentuer les dynamiques citoyennes déjà à l’œuvre, d’imaginer et de construire ensemble les formes d’un monde désirable.
Improbable, sans doute, comme l’est par définition tout avenir désirable. Mais l’improbable, disait Morin, n’est pas l’impossible : il appartient à ceux qui le veulent d’en écarter les obstacles.
C’est précisément ce que nous venons faire ici, ensemble.
