Séminaire : Associations, recul de la démocratie et philanthropies [16 juin26]
Dans le cadre de nos Universités des savoirs associatifs nous vous proposons
Ce séminaire, qui se déroule de 2025 à 2026, vise à nous donner collectivement des clés de compréhension d’un paysage philanthropique français en profonde évolution face au retrait des financements publics. Il mêle des temps de travail internes et des temps publics collectifs ; ces derniers sont sous forme de webinaires ou colloques avec un arpentage (avant ou après) sur un ouvrage en lien avec le sujet.
Certaines fondations et Fonds revendiquent le soutien à la démocratie, un fonds pour la démocratie vient d’être lancé ; d’autres à l’inverse s’inscrivent dans une visée réactionnaire à l’exemple du philanthrope Pierre-Edouard Stérin dont le projet est d’amener l’extrême droite au pouvoir. Ce grand écart appelle à une exploration de ces philanthropies pour mieux comprendre leur visée politique et leurs pratiques.
Il est temps pour les actrices & acteurs associatifs de mieux cerner ces enjeux et de se doter d’outils collectifs de lecture. C’est l’objectif des six séances de ce séminaire qui exploreront les différentes pratiques philanthropiques : philanthrocapitalisme, philanthropie basée sur la confiance, philanthropie de proximité… plus de détails -avec les replays des séances passées- ici sur le site de l’Observatoire citoyen de la marchandisation.
Mardi 16 juin 2026 – 5ème séance : Les fonds de dotation, un autre modèle de financement associatif ?
Les fonds de dotation : un autre financement pour les associations ?
Depuis leur création en 2008, le nombre de fonds de dotation n’a cessé d’augmenter en France : une création par jour, 4700 fonds de dotation actuellement. Les associations, notamment, s’emparent de cet outil pour organiser leur soutien économique mais aussi garantir leur indépendance politique et financière. Le fonds de dotation est facile à mettre en place : il suffit d’un.e fondateur.trice, de trois personnes au conseil d’administration, d’une déclaration en préfecture et de 15 000 euros sur un compte. Il entre désormais dans l’arsenal juridique qui fait de la France l’un des systèmes les plus favorable au développement de la philanthropie, avec un soutien public, via la défiscalisation, particulièrement avantageux.
Avec Benjamin Duriez de Terre de liens, Charlotte Clavreul du Fonds pour la presse libre, Joël Domenjoud de Terres de Luttes et Anne Bory, professeur à l’université de Lille et à la direction du Philanthropy and Social Science Program, nous explorerons les différentes utilisations de cet outil, ses avantages, ses limites, son histoire, son rôle dans le développement de la philanthropie française.
INSCRIPTION ICI
Ce projet est soutenu par le Fonds pour le développement de la vie associative
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(Pour mémoire – les précédentes séances)
4ème séance publique – mardi 21 avril 2026 « Quelles nouvelles pratiques philanthropiques ? »

La remise en cause des appels à projet, de la remontée d’indicateurs, de la relation asymétrique financeur-financé amènent certaines fondations à revoir leurs modalités de relation avec les associations qu’elles financent. Nous voyons notamment émerger une philanthropie basée sur la confiance, voulant sortir des appels à projet, finançant les associations sur le temps long, en développant une relation de partenarial de confiance, avec des évaluations basées sur des modalités d’échanges et de discussion (plutôt que des indicateurs de performance). La philanthropie participative propose de faire entrer les associations dans son organisation, en créant des comités de pilotage mixte amenés à construire le choix et la répartition des financements.
Est-ce que ces nouvelles formes de relations permettent de limiter l’asymétrie de pouvoir financeur/financé ?
Sont-elles à même de préserver la capacité d’interpellation et d’autonomie des associations qu’elles financent même lorsque ces interpellations vont à l’encontre de leurs intérêts ?
Comment les « héritiers rebelles », ces philanthropes qui ont décidé de mettre tout leur héritage au profit des transformations sociales et écologiques analysent et/ou éprouvent ces nouvelles approches ? Est-ce qu’elles permettent de répondre aux enjeux de démocratie interne à la philanthropie ?
Les invitées de cette séance animée par Marianne Langlet :
- Sylvain Lefèvre, docteur en sciences politiques, professeur à l’Université du Québec, spécialiste de la philanthropie, notamment co-auteur de Philanthropes en démocratie.
- Marion Ben Hammo, responsable du laboratoire Inventer demain à la Fondation de France,
- Léa Bouaroua, présidente du Fonds pour la démocratie.
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3ème séance publique – 4 mars 2026 : « La philanthropie d’extrême droite et les associations «

La mise en lumière du projet Péricles porté par Pierre-Edouard Stérin interroge le rôle politique des philanthropes et leurs influences sur notre cadre démocratique. Pierre Edouard Stérin, milliardaire philanthrope, souhaite voir arriver l’extrême droite au pouvoir en France et finance pour se faire tout un réseau de think-thank, écoles, associations qui poussent ses valeurs. Cette philanthropie marquée à l’extrême droite rejoint les financements philanthropiques qui, depuis de nombreuses années, soutiennent les associations réactionnaires comme par exemple celles qui luttent contre l’avortement. Comment ces courants philanthropiques influencent et interrogent notre démocratie et notamment la solidarité démocratique ?
Les invitées de cette séance animée par Marianne Langlet :
- Véronique Séhier du Planning Familial
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Rozenn le Carboulec, Annabelle Martella et Elsa Sabado, journalistes du « collectif hors cadre »à l’origine de l’enquête sur la galaxie associative de Pierre-Edouard Stérin.
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2de séance – 29 janvier 2026 : « Quand l’investissement remplace la subvention ou le don –

L’investissement à impact porte le récit de faire à la fois du bien et du profit. Issus de la fondation américaine Rockefeller, ces nouveaux mécanismes financiers allient rentabilité financière et impacts sociaux et écologiques. Ils connaissent une forte croissance depuis les années 2010 et portent un changement de paradigme profond de l’approche philanthropique puisqu’ils peuvent investir (via des outils particuliers) aussi bien des associations que des entreprises, notamment des startups à impact ou entreprises à mission. Cette confusion des rôles interroge la notion de non lucrativité, développe la notion de lucrativité limitée, construit des marchés concurrentiels et remplace la notion de subvention ou de don par celle d’investissement au risque de mettre en péril tout un champ associatif qui ne peut s’y inscrire. Cette approche peut s’inscrire dans le Philanthrocapitalisme ainsi défini par la revue Politix : « Le philanthrocapitalisme est salué comme étant « une nouvelle manière de faire de la philanthropie, imitant la manière de faire des affaires dans le monde capitaliste ». Il promeut l’idée selon laquelle « le capitalisme en lui-même peut être philanthropique, et œuvrer au bien de l’humanité ». Ses adeptes considèrent l’entreprise capitaliste comme un mode de production « naturellement » altruiste, et justifient l’attribution de subventions gouvernementales et de fonds philanthropiques à des entreprises ».
Les invité.es de cette soirée animée par Marianne Langlet :
- Gloria Taoussi du Réseau National des Ressourceries et Recyclerie (RNRR) ;
- Edouard Morena, maitre de conférence en sciences politiques, auteur du livre « Fin du monde et petits fours ».
*l’arpentage est une technique de lecture collective de l’éducation populaire
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1ère séance publique – 19 décembre 2025 : « Quel est le rôle des philanthropes en démocratie ? »

Le 19 décembre 2025, nous avons réalisé la première séance publique de notre séminaire sur la philanthropie qui se déroulera en plusieurs étapes jusqu’à fin 2026. Il a été précédé d’un temps d’arpentage* collectif de textes le 16 octobre 2025 et de plusieurs temps de travail internes à l’Observatoire citoyen de la marchandisation des associations (OCMA). Ce séminaire vise à nous donner collectivement des clés de compréhension d’un paysage philanthropique français en profonde évolution face au retrait des financements publics.
Notre séance du 19 décembre visait à interroger le rôle des philanthropes en démocratie avec cette question en filigrane : qui définit et comment se définit l’intérêt général ? Quelle est la légitimité des philanthropes dans cette définition ?
Comment regarder en face la contradiction entre une philanthropie qui affirme sa participation à l’intérêt général et qui, dans le même temps, existe grâce à l’accroissement exponentielle des grandes fortunes, grâce aux défiscalisations, à l’évasion et l’optimisation fiscale.
Les invité.es de cette soirée animée par Marianne Langlet étaient :
- Anne Monier, chercheuse à l’Université de Genève, coautrice du livre « Philanthropes en démocratie » ;
- Arnaud Bontemps, fonctionnaire, fondateur et co-porte parole du collectif Nos services publics.
