Séminaire : Associations, recul de la démocratie et philanthropies
Dans le cadre de nos Universités des savoirs associatifs nous vous proposons
Ce séminaire qui se déroule de 2025 à 2026, vise à nous donner collectivement des clés de compréhension d’un paysage philanthropique français en profonde évolution face au retrait des financements publics. Il mêle des temps de travail internes et des temps publics collectifs ; ces derniers sont sous forme de webinaires ou colloques avec un arpentage (avant ou après) sur un ouvrage en lien avec le sujet.
Certaines fondations et Fonds revendiquent le soutien à la démocratie, un fonds pour la démocratie vient d’être lancé ; d’autres à l’inverse s’inscrivent dans une visée réactionnaire à l’exemple du philanthrope Pierre-Edouard Stérin dont le projet est d’amener l’extrême droite au pouvoir. Ce grand écart appelle à une exploration de ces philanthropies pour mieux comprendre leur visée politique et leurs pratiques.
Il est temps pour les actrices & acteurs associatifs de mieux cerner ces enjeux et de se doter d’outils collectifs de lecture. C’est l’objectif des six séances de ce séminaire qui exploreront les différentes pratiques philanthropiques : philanthrocapitalisme, philanthropie basée sur la confiance, philanthropie de proximité… (plus de détails ici sur le site de l’Observatoire citoyen de la marchandisation).
Seconde séance publique du séminaire en webinaire – 29 janvier 2026
Quand l’investissement remplace la subvention ou le don –
L’investissement à impact porte le récit de faire à la fois du bien et du profit. Issus de la fondation américaine Rockefeller, ces nouveaux mécanismes financiers allient rentabilité financière et impacts sociaux et écologiques. Ils connaissent une forte croissance depuis les années 2010 et portent un changement de paradigme profond de l’approche philanthropique puisqu’ils peuvent investir (via des outils particuliers) aussi bien des associations que des entreprises, notamment des startups à impact ou entreprises à mission. Cette confusion des rôles interroge la notion de non lucrativité, développe la notion de lucrativité limitée, construit des marchés concurrentiels et remplace la notion de subvention ou de don par celle d’investissement au risque de mettre en péril tout un champ associatif qui ne peut s’y inscrire. Cette approche peut s’inscrire dans le Philanthrocapitalisme ainsi défini par la revue Politix : « Le philanthrocapitalisme est salué comme étant « une nouvelle manière de faire de la philanthropie, imitant la manière de faire des affaires dans le monde capitaliste ». Il promeut l’idée selon laquelle « le capitalisme en lui-même peut être philanthropique, et œuvrer au bien de l’humanité ». Ses adeptes considèrent l’entreprise capitaliste comme un mode de production « naturellement » altruiste, et justifient l’attribution de subventions gouvernementales et de fonds philanthropiques à des entreprises ».
Les invité.es de cette soirée animée par Marianne Langlet seront :
- Gloria Taoussi du Réseau National des Ressourceries et Recyclerie (RNRR) ;
- Edouard Morena, maitre de conférence en sciences politiques, auteur du livre « Fin du monde et petits fours ».
INSCRIPTION ICI
*l’arpentage est une technique de lecture collective de l’éducation populaire
Ce projet est soutenu par le Fonds pour le développement de la vie associative
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(Pour mémoire) la première séance publique du séminaire était en webinaire le 19 décembre 2025

Le 19 décembre 2025, nous avons réalisé la première séance publique de notre séminaire sur la philanthropie qui se déroulera en plusieurs étapes jusqu’à fin 2026. Il a été précédé d’un temps d’arpentage* collectif de textes le 16 octobre 2025 et de plusieurs temps de travail internes à l’Observatoire citoyen de la marchandisation des associations (OCMA). Ce séminaire vise à nous donner collectivement des clés de compréhension d’un paysage philanthropique français en profonde évolution face au retrait des financements publics.
Notre séance du 19 décembre visait à interroger le rôle des philanthropes en démocratie avec cette question en filigrane : qui définit et comment se définit l’intérêt général ? Quelle est la légitimité des philanthropes dans cette définition ?
Comment regarder en face la contradiction entre une philanthropie qui affirme sa participation à l’intérêt général et qui, dans le même temps, existe grâce à l’accroissement exponentielle des grandes fortunes, grâce aux défiscalisations, à l’évasion et l’optimisation fiscale.
Les invité.es de cette soirée animée par Marianne Langlet étaient :
- Anne Monier, chercheuse à l’Université de Genève, coautrice du livre « Philanthropes en démocratie » ;
- Arnaud Bontemps, fonctionnaire, fondateur et co-porte parole du collectif Nos services publics.
