Participer au mouvement des villes en transition

Les initiatives de transition ont pour objectif de mettre en place des actions concrètes qui préfigurent de façon symbolique les changements nécessaires et de favoriser la convergence entre les initiatives citoyennes et celles des pouvoirs publics. Le mouvement privilégie l’action locale parce que l’économie devra inévitablement se relocaliser en grande partie. C’est au niveau local que les citoyens peuvent inventer des solutions adaptées à la réalité. Le mouvement met en avant la résilience (capacité à absorber les chocs et à rebondir) pour tenter de traduire le désespoir ou le déni qui accompagne souvent découverte des enjeux écologiques. Mais il a parfois tendance à sous-estimer l’importance dans la crise écologique des phénomènes de domination et de croissance des inégalités.

On compte dans le monde 2000 initiatives de transition, dont 150 en France. Il s’agit pour la plupart d’initiatives associatives qui élaborent un projet du souhaitable pour leur ville. Mais certaines sont pilotées par les collectivités, avec des changements structurels parfois importants. Nous distinguerons les 2 situations.

 

Initiatives de transition

L’objectif des initiatives associatives est d’inciter les citoyens d’un territoire (bourg, quartier d’une ville…), à prendre conscience des profondes conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du pétrole et du changement du climat et de la nécessité de s’y préparer concrètement.

  • Sucy Environnement et Transition. L’association Sucy Environnement et Transition propose des ateliers et facilite le développement et la communication avec la population en mettant en avant les initiatives individuelles, associatives et institutionnelles qui vont dans le sens de la transition : jardins de Thélème, monnaie locale, panier bio, etc. Voir http://www.mdb94.phpnet.org/set/la-transition-a-sucy/
  • Saint-Quentin-en-Yvelines en transition a pour objectif de construire une résilience locale, c’est-à-dire une capacité à assurer nos besoins, en les réquisitionnant, alors que les ressources mondiales sont de moins en moins accessibles et disponibles . Pour s’appuyer davantage sur les ressources locales il s’agit de relocaliser nos vies, notamment la production alimentaire, et de pratiquer une démarche inclusive de tous les acteurs et habitants d’un territoire. Voir http://sqyentransition.wordpress.com
  • Pour rejoindre le mouvement des initiatives de transition en Île-de-France, et voir les prochaines manifestations http://transitionparisidf.fr/

Collectivités et territoires en transition

Les villes dont les collectivités ont fait le choix de la transition conjuguent les préoccupations précédentes et des politiques publiques, notamment des pratiques d’aménagement, de transformation économique, de politique énergétique et d’éducation à l’environnement, dans une démarche globale et partenariale, qui forme un ensemble cohérent orienté vers le moyen et le long terme, en associant l’ensemble des acteurs. Cette démarche peut également être entreprise par des petits territoires ruraux ou périurbains

  • La Biovallée (Drôme), n’est pas une structure mais une action commune. Tout le long de la vallée de la Drôme, quatre communautés de communes se sont regroupées pour mener ensemble une action d’envergure en faveur du développement durable. Cette démarche associe tous les acteurs et tous les partenaires. Le territoire est caractérisé par un tissu associatif très important et historiquement impliqué dans la mise en place de projets de territoire depuis vingt ans. Le protocole d’accord Biovallée, signé en octobre 2010 entre le Conseil régional, le Conseil général et les 4 intercommunalités, avec des moyens assez importants et des objectifs ambitieux, prévoit notamment : atteindre 50 % des agriculteurs certifiés Agriculture Biologique en 2015, faire sortir de terre 15 éco-quartiers d’ici à 2015, stopper net l’artificialisation de la zone après 2015, diviser par quatre les consommations énergétiques de chaque habitant, assurer l’autonomie énergétique du territoire d’ici à 2020. De multiples réunions ont été organisées pour construire le projet avec les habitants et avec les associations. Trois ans après le démarrage les premiers résultats sont déjà visibles. Pour en savoir plus http://www.biovallee.fr/

Villages et petits territoires en transition.

On trouve parfois des petits territoires ruraux et périurbains qui n’ont pas la taille suffisante pour lancer des Alternatiba, mais partagent les mêmes préoccupations et se mobilisent de façon similaire. Par exemple :

  • Ungersheim (haut Rhin) s’inscrit dans la démarche des « villes et villages en transition » 21 actions, comme XXIe siècle, qui se déclinent en 3 grands chapitres : – l’autonomie intellectuelle, avec comme pierre d’angle la démocratie participative et la participation active de la société civile aux débats, – l’autonomie ou l’indépendance énergétique, avec une grande centrale photovoltaïque, une chaufferie au bois, le retrait total des produits phytosanitaires et des engrais chimiques, un éco hameau, etc. , – l’autonomie alimentaire, avec le lancement d’une exploitation maraîchère qui emploie 30 personnes et produit 300 paniers hebdomadaires, une restauration scolaire 100 % bio et une ferme pédagogique. L’ensemble de ces actions se solde par des économies substantielles dans le budget communal. Voir http://www.mairie-ungersheim.fr/village-en-transition/
  • La commune d’Alzen en Ariège, qui ne comptait plus que 63 habitants en 1975, en compte aujourd’hui 227, plus jeunes que la moyenne. Ce renouveau est lié à une politique d’accueil des nouveaux arrivants et à l’alliance entre les ariégeois de souche et les néo-ruraux (ceux qui mangent du bio et ceux qui vont à la chasse). Son dynamisme social, culturel et écologique la rend attractive. Un écomusée, une cantine bio à l’école, une chaudière collective au bois qui alimente les maisons neuves… http://www.ladepeche.fr/article/2010/05/22/840567-creer-l-etincelle-de-la-filiere-bois.html
  • Trémargat, laboratoire d’alternatives de démocratie participative à ciel ouvert. A Trémargat, dans les Côtes d’Armor, la solidarité, l’entraide ou l’écologie ne sont pas de vains mots. La petite commune bretonne est depuis vingt ans un laboratoire à ciel ouvert de projets alternatifs. Ses habitants soutiennent l’installation de paysans, s’approvisionnent dans une épicerie de produits bio et locaux, se retrouvent au café associatif, délibèrent au sein d’un conseil municipal qui applique des principes de démocratie participative, et s’éclairent avec Enercoop. La formule fonctionne : le village qui se mourait dans les années 1970 est depuis quinze ans en pleine renaissance. La preuve qu’on peut vivre autrement. Voir le reportage de Bastamag http://www.bastamag.net/Reportage-Tremargat